Equipe d’Algérie – CAN : L’Algérie avance dans cette CAN 2025 comme si elle voulait rappeler à tous que le continent n’a pas changé de propriétaire sans son accord. Dans un tournoi où chaque match peut devenir une tragédie, les Fennecs ont transformé leurs trois premières rencontres en un récit d’autorité. Trois victoires, une domination technique qui dépasse les chiffres : 3-0 face au Soudan, 1-0 devant le Burkina Faso, 3-1 contre la Guinée équatoriale. Ce 9/9 n’est pas un simple bilan comptable, mais une déclaration d’intention, portée par un groupe qui joue avec cohérence, agressivité mesurée et une maturité tactique dont on disait qu’elle avait disparu. Au Maroc, pays hôte, là où le football peut prendre une dimension politique, l’Algérie s’est comportée comme si elle jouait à la maison. Son huitième de finale contre la République démocratique du Congo, désormais confirmé, n’est pas seulement une étape : c’est le moment où ce tournoi cesse d’être une démonstration et devient un examen. Car les meilleures équipes ne se jugent pas en groupes — elles se jugent lorsqu’une seule erreur peut mettre fin à un rêve.
Et si l’Algérie séduit aujourd’hui, ce n’est pas uniquement par son collectif. C’est parce que cette CAN a révélé des visages nouveaux, des certitudes inattendues qui ont transformé le discours autour de cette équipe. Ibrahim Maza, milieu jeune et lucide, est probablement la découverte la plus éclatante. Trois matches, une influence constante, des gestes qui dictent le tempo et la sensation nouvelle qu’un joueur de 20 ans peut déjà tenir une nation entière dans la paume de sa main. Luca Zidane, lui, est l’illustration du symbole — celui d’un héritage qui s’embrasse sans gêne. Deux matches, deux clean sheets, et le sentiment que l’Algérie a peut-être enfin trouvé cette figure calme et rassurante derrière sa ligne défensive. Dans le secteur défensif encore, Zineddine Belaïd a fait bien plus que répondre présent : il a montré qu’il peut être une option permanente, un troisième choix solide dans une hiérarchie où, autrefois, tout semblait figé.
L’éveil d’Anis Hadj Moussa en fait, lui aussi, partie. À droite, il a injecté une forme d’insolence sportive dont seules les grandes sélections disposent. Face à la Guinée équatoriale, deux passes décisives ont suffi pour démontrer qu’il n’est pas seulement un joueur prometteur, mais un catalyseur d’élan offensif. Là est peut-être la véritable différence entre l’Algérie de 2025 et ses versions passées : elle ne dépend plus d’un héros, mais de plusieurs possibles. Maza, Zidane, Belaïd, Hadj Moussa — autant de trajectoires qui ne demandent qu’à exploser lorsque le tournoi bascule vers son territoire le plus cruel : les matchs qui comptent. L’Algérie peut gagner. Mais surtout, l’Algérie peut durer. Et c’est peut-être cela, le vrai changement.
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