La Coupe d’Afrique des nations 2025, organisée au Maroc, s’annonce comme l’une des éditions les plus populaires de l’histoire récente du football africain. À quelques jours du coup d’envoi, une information suscite à la fois l’enthousiasme et la frustration : la quasi-totalité des billets des matchs impliquant les sélections arabes est déjà épuisée. Pour des milliers de supporters algériens, marocains et tunisiens, l’espoir d’assister aux rencontres de leurs équipes nationales au Maroc s’est envolé en quelques clics.
Cette ruée exceptionnelle vers les billets confirme l’attachement profond des peuples nord-africains au football. Le Maroc, pays hôte, vit au rythme de la CAN depuis plusieurs mois déjà. Les stades des grandes villes comme Rabat, Casablanca ou Fès s’apprêtent à accueillir des foules impressionnantes, portées par une ferveur rarement égalée. Le succès commercial des billets témoigne non seulement de l’engouement local, mais aussi de la forte présence attendue de supporters venus d’Algérie, de Tunisie et d’autres pays arabes.
Pour de nombreux fans, notamment Algériens qui voulaient se rendre au Maroc pour la CAN, cette situation est vécue comme une injustice. Malgré plusieurs phases de vente, beaucoup n’ont pas réussi à obtenir le précieux sésame, notamment pour les matchs à forte affiche. Les rencontres de l’Algérie, très attendues en raison de la popularité des Fennecs et de leurs ambitions continentales, figurent parmi les premières à avoir affiché complet. Même constat pour la Tunisie, dont le duel face au Nigeria est devenu l’un des événements majeurs de la phase de groupes.
Au-delà de la frustration, cette affluence record pose aussi la question de l’organisation et de la gestion de la demande. La CAF et les autorités marocaines se retrouvent face à un défi logistique majeur, celui d’assurer la sécurité, le confort et la fluidité dans des stades qui afficheront complet presque tous les soirs. Cette CAN 2025 servira ainsi de test grandeur nature pour le Maroc, à quelques années seulement de la Coupe du monde 2030.
Sur le plan sportif, cette ferveur pourrait devenir une arme à double tranchant. Si le soutien massif peut galvaniser les joueurs, la pression populaire peut aussi peser lourd sur les épaules des sélections favorites. Pour le Maroc, jouer à domicile avec des tribunes pleines représente à la fois un avantage et une obligation de résultat. Pour l’Algérie et la Tunisie, évoluer dans un environnement majoritairement acquis à leur cause pourrait renforcer leur sentiment de jouer “à la maison”.
Quoi qu’il en soit, cette pénurie de billets confirme une chose essentielle : la CAN 2025 ne sera pas un tournoi ordinaire. Elle s’annonce déjà comme une fête populaire gigantesque, où le football dépassera largement le cadre du sport pour devenir un véritable phénomène social et culturel.



























