Interview: Antar Yahia à propos de la Coupe du monde 2018


Anthar Yahiaqui fut l’un des artisans du retour de l’Algérie en Coupe du monde, revient sur le tirage de la Coupe du monde 2018. Insistant sur le chantier de la défense, qui doit rapidement se régler. entre-outre, l’héros de Oum Dourmane n’est pas inquiet, sûr des performances du groupe vert.

Voici L’interview complète:

Bonjour Anthar, en tant qu’ancien capitaine de l’EN, comment as-tu appréhendé le récent tirage pour la qualification pour Russie 2018 ?

C’est un groupe très relevé, avec trois Mondialistes et un récent vainqueur de la Coupe d’Afrique, mais je pense aussi que la plupart des équipes voulaient éviter l’Algérie dans leur groupe. On n’est pas la première nation africaine pour rien. Maintenant, après en avoir discuté avec les joueurs actuels de l’EN, dont Slimani, Mahrez et Belkaroui, c’est l’occasion pour ce groupe, qui outre le fait qu’il soit talentueux est très solidaire et soudé. Et c’est ce qu’il faudra montrer pour passer contre ces nations-là.


Avons-nous les moyens de réaliser une 3ème qualification consécutive ?

Si nous, aujourd’hui avec cette équipe, on dit que nous n’avons pas les moyens, que vont dire les autres équipes ? Et je dis cela en toute humilité et sans manquer de respect aux autres équipes. On a des joueurs de grande qualité, c’est un groupe relevé certes, mais on a toutes les capacités pour aller en Coupe du Monde.

C’est un groupe encore plus dense que celui de la qualification à la CM 2010, est-ce comparable ? (Ndlr, Egypte, Algérie, Zambie et Rwanda)

Non ça ne l’est pas. Vous oubliez que nous, nous devions passer par deux tours, avec un groupe comprenant le Sénégal (celui d’El Hadji Diouf et compagnie), il fallait finir premier. Puis après, on hérite de l’Egypte et de la Zambie et là encore il faut finir premier. Sans parler du fait que l’on a dû jouer un match d’appui… Aujourd’hui, il n’y a qu’un seul groupe, on n’a qu’une étape, on reçoit chez nous et on finit chez nous. On est condamné à faire le plein à domicile et aller grappiller quelques points à l’extérieur. On a une équipe qui nous donne espoir tout de même.

Justement, à cette époque, c’est notre solidité défensive qui faisait la différence ? On est inquiet à propos de celle d’aujourd’hui…

Aujourd’hui, tout le monde se focalise sur notre défense étant donné que nous possédons des joueurs offensifs de très haut niveau. Et on attend que le compartiment défensif soit au même niveau. Maintenant, le plus important est d’avoir une charnière sur laquelle on peut travailler pendant quelques temps. Les changements à chaque fois, ce n’est pas possible. Derrière, il faut des affinités, il faut jouer ensemble. Même si au départ ça peut être bancal, une solidité s’installe avec le temps. Si on arrive à trouver la bonne paire, on stabilisera ce compartiment. Autre chose, il n’y a pas que quatre défenseurs, il y a aussi le travail de récupération du ballon, et cela c’est un travail de groupe, d’équipe. Aujourd’hui,?tous les joueurs offensifs à haut niveau défendent tous. Face à des adversaires comme la Zambie, le Cameroun ou le Nigeria, il faudra faire beaucoup d’effort et c’est là qu’on va voir si on a un groupe fort et solidaire.

Ne nous manque t-il pas de la puissance physique face au Nigeria et Cameroun ?

Il y a le choix, soit on joue sur les forces de l’adversaire, soit on joue sur les nôtres ! A l’époque, on était trois gaillards à plus de 1m85, mais on a toujours manqué de puissance, en revanche, on a toujours su mettre de l’impact et de l’intensité. Toutefois, pour moi, le débat n’est pas là, le plus important, et je me répéte, c’est de stabiliser notre défense pendant 4 ou 5 matchs.

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Parlons maintenant de ton club, es-tu à l’initiative de la signature de Karim Ziani à Orléans ?

Le coach et le directeur sportif le connaissaient très bien. On avait besoin de quelqu’un qui stabilise le milieu et qui met le pied sur le ballon avec de l’expérience et un vécu. Ils ont pensé à Karim et moi, bien entendu, quand ils m’ont demandé mon avis, forcément, je leur ai dit tout le bien que je pensais de Karim.

Concernant ton futur, le métier d’entraîneur est quelque chose qui te tente ?

J’ai prévu une reconversion. Je suis actuellement un cursus sur deux ans pour passer un diplôme de gestion des organisations sportives, qui peut te mener au management d’une fédération par exemple ou devenir directeur sportif. Si j’obtient ce diplôme, cela me sécurisera, et après j’attaquerais les diplômes d’entraîneur. Je n’ai pas eu l’occasion de passer les licences CAF encore car c’est toujours tombé pendant des matchs. Mais dès la fin de ma formation, je veux passer les diplômes d’entraîneur. Ne vous inquiétez pas Madjid (Bougherra€, Karim (Ziani), moi et toute notre génération, nous nous intéressons à cela, et j’espère qu’à un moment, on nous donnera notre chance pour faire nos preuves !

Anthar, Merci beaucoup, c’est toujours un plaisir de discuter avec toi.

Je vous en prie, Saha ftorkoum et Saha Aidkoum.

Fin de l’interview.

Lotfi Bouzidi, Fennec Football

 

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